INTERVIEW pour URBAN ART MAGAZINE

Vous les avez peut-être déjà croisés au détour d’une rue ou d’un post.  Installations anonymes invitant à se prendre en selfie, les Insta’mirror Encore une stp se baladent autant dans Paris que sur la toile. Mettre le selfie au coeur principal de l’oeuvre et de son activation renvoie indéniablement au reflet de notre société. Questionnement ou amusement, les réactions observées sont diverses. Une chose est sûre, la démarche est loin de laisser insensible. Les chiffres actuels (au 20/01/2017)  répertorient plus de 2 100 selfies reçus pour 19 miroirs collés.

Particulièrement intéressée par les initiatives artistiques à résonance sociale, je suis partie à la rencontre de l’artiste pour en découvrir plus. Qui se cache derrière ces miroirs ? Voici une interview exclusive avec Encoreunestp qui nous dévoile les coulisses de sa création.

Les miroirs

A quoi fait référence le « une » dans encoreunestp ?

Je pense que le propre de l’art est le questionnement, alors pourquoi ne pas faire de mon nom une œuvre d’art en elle même et la laisser assujettie au questionnement de chacun ?
Encore une…œuvre stp ? Encore une…photo stp ? Encore une…glace a la vanille stp

Comment est né le concept ?

J’ai toujours aimé tourner mon travail artistique autour des addictions et des excès et plus particulièrement ceux concernant les réseaux sociaux. En 2013 avec la démocratisation des hashtags, j’ai tout de suite eu envie de travailler sur ceux qui avaient été les plus utilisés. Cette année là sur instagram le #selfie en était un ! Raison de plus lorsqu’il est repris par le président américain Barack Obama lors de sa rencontre avec la 1ère ministre danoise. Son post a fait le tour du monde dépassant les frontières 2.0 ! Cette image s’est gravée dans mon esprit et a marqué le départ de mes installations.

En résumé, #selfie + instagram + streetart + barack = Insta’mirror Encoreunestp !

Quel a été l’accueil du public ?

Le retour a tout de suite été positif. La mise en abyme que je proposais avec mon installation de rue a fonctionnée instantanément. On peut parler d’une forme de street art 2.0 puisque contrairement aux autres œuvres de rue, il est impossible avec la mienne d’avoir deux fois la même photo qui circule sur la toile. Chaque « selfiste » faisant partie de mon œuvre, ou plutôt NOTRE œuvre car si on considère le selfie comme de l’art, on obtient de l’art dans l’art, une œuvre dans l’œuvre.

A quel moment a commencé la production ?

J’ai installé mes premiers insta’mirrors en 2013 mais en 2014 un accident de la circulation m’a volé deux ans de ma vie artistique, sans pour autant stopper mes envies de création. Bien au contraire, comme dans Game of Thrones j’ai eu le droit à une belle résurrection quand, en septembre 2016, j’ai enfin pu ressortir coller des insta’mirrors. Le premier miroir portait le like de Jon Snow en hommage à ce nouveau départ que m’accordait la vie.

Barack Obama, Jon Snow, Andy Warhol,… Comment se fait le choix de la personnalité mentionnée dans le like de ton installation ?

Obama et son selfie ont marqué le début de mon concept. Mes premiers miroirs ont donc tous porté le like de Barack. Puis je me suis intéressé à la « social geolocalisation » de mes œuvres et à me demander quel like pourrait le mieux interpeller le public selon sa localisation. En partant de ce principe, je peux aller coller une œuvre avec le like de Andy Warhol devant le centre Georges Pompidou, un Zinédine Zidane devant le Stade de France ou un Jacquie et Michel à Pigalle !

Quels sont tes critères de sélection quant aux endroits où tu disposes les œuvres ?

Mon principal critère est la visibilité. Au cours de mes repérages je prends soin d’étudier le passage, l’affluence et le sens de circulation de mon futur public mais aussi l’aspect « social geolocalisation » du like.
Vision 2.0

Comment considères-tu les réseaux sociaux actuellement ? et particulièrement instagram ?

Je dirais simplement que je me suis toujours intéressé à ce qui pouvait faire voyager mes œuvres. Avant même l’apparition des réseaux sociaux, je ciblais particulièrement les « roulants » (trains, métros, camions, etc.). L’arrivée des réseaux sociaux, et notamment Instagram avec le #streetart, nous a enfin donné un moyen à nous artistes de faire voyager nos œuvres à travers le monde. Je considère donc les réseaux sociaux comme une véritable galerie 2.0

Quelle est ta vision du selfie ?

Je pense que le propre des réseaux sociaux est le partage. Le selfie est à mon sens un bon moyen de partager un instant de vie mais aussi d’en faire un art. En recherchant le bon angle, la bonne lumière, le bon décor,… il correspond à notre autoportrait contemporain, faisant écho aux productions photographiques et picturales antérieures.

Mais attention à ne pas laisser le selfie prendre le dessus ! Avec mes insta’mirrors, je cherche à interpeller le public sur cette question. Sur le fait que certaines personnes fassent des milliers de kilomètres pour voir un monument et finissent par lui tourner le dos pour se prendre eux en photo avec la bâtisse en toile de fond. En plaçant mes miroirs devant certains monuments, je permets au public de rester face à ce qu’ils sont venus admirer, tout en se prenant en selfie !

Biographie

Quel est ton parcours artistique ?

Zéro ! J’ai raté haut la main mon Baccalauréat. Déterminé à entrer en école d’art, je me suis inscrit en falsifiant mes notes du bac et mon diplôme. L’école et l’académie de Paris ont mis 8 mois à découvrir la supercherie. J’ai échappé à une sanction pénale mais pas à l’interdiction de passer des examens pendant 3 ans. Suite à cela j’ai été obligé de commencer ma vie professionnelle très tôt ! Cette aventure m’a cependant conforté sur mes talents de graphiste (en tout cas en falsification de document) et je me suis donc tourné vers ce métier avant de devenir directeur artistique. Toujours en continuant d’exercer mon art dans la rue et dans mon atelier.

Avais-tu déjà réalisé des œuvres d’art urbain ?

Depuis 1995 la rue est un véritable terrain de jeu pour moi. Sous couvert de plusieurs pseudonymes et donc d’anonymat, j’utilise l’espace urbain et ses différents supports avec diverses techniques artistiques. Le pseudonyme d’Encoreunestp est mon approche la plus contemporaine de ce que je peux faire en art ; que ce soit avec mes insta’mirrors, emergency selfie box, notosticks, ou encore avec ma série de peintures à l’huile « Louvre vs Disney » (et plein d’autres à venir !).

Le choix de garder ton anonymat est-il un synonyme de liberté artistique ?

Mon anonymat est surtout lié au caractère illégal de mes installations de rue. Le jour où je vendrai suffisamment d’œuvres pour couvrir les amendes pour dégradation volontaire, je ferai tomber le masque !



Comment envisages-tu la suite ?

Tout nu sur un cheval blanc dans la forêt ! ou en galerie !

Propos recueillis par TAMARA FRITZ

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